Avec le départ de Gerrard, c’est une certaine idée du football qui s’en va

(THE SUN OUT, THE SUN ON SUNDAY OUT) of Liverpool during the Barcalys Premier League match between Liverpool and Crystal Palace at Anfield on May 16, 2015 in Liverpool, England.

Steven Gerrard n’est plus un joueur de football professionnel. Le légendaire milieu de terrain anglais a raccroché les crampons le 24 novembre 2016. Avec son départ, une page se tourne.

C’est quand même vachement triste. Le magnifique Steven Gerrard a mis un terme à sa carrière le 24 novembre 2016, deux semaines après avoir disputé son dernier match de MLS avec les LA Galaxy, éliminés par Colorado. Une fin indigne d’un joueur extraordinaire dont le destin était de porter Liverpool sur ses épaules. Et autour de son bras. Stevie G, ce n’est ni plus ni moins que 473 matchs en tant que capitaine des Reds. Enorme.

Le chant des sirènes ne l’ont jamais éloigné d’Anfield

Avec le départ à la retraite de Gerrard, c’est une certaine idée du football qui s’en va. Un football qui a du cœur et des idéaux. La vie de l’Anglais aura été pleine de sacrifices. Comme un homme d’Eglise, il est longtemps resté cloîtré dans son monastère pour faire honneur à une piété qui l’aura vu résister aux appels des plus grands clubs du monde.

José Mourinho le voulait à chaque étape de sa carrière. A Chelsea, à l’Inter et au Real. Stevie G est tenté de bosser avec un homme qu’il admire autant que l’inverse, mais son sens du devoir l’a toujours obligé à dire « non », à rester à Anfield. Même quand les temps étaient durs pour les hommes en rouge, le héros de tout un peuple n’a jamais vraiment osé trahir l’amour de sa vie. Son départ à Los Angeles n’était finalement qu’une récompense qu’il s’est octroyé pour tous les services rendus à la patrie de la Mersey. Un petit cadeau bien mérité.

Au nom de son défunt cousin, mort tragiquement à Hillsborough

Sans doute Steven Gerrard a-t-il réussi à trouver une paix intérieure qu’il avait perdue le 15 avril 1989, date de la tragédie de Hillsborough, un mouvement de foule dans le stade du même nom qui a coûté la mort à 96 supporters de Liverpool, dont son cousin Jon-Paul Gilhooley. Le décès du garçon de dix ans a beaucoup affecté Gerrard. « Il est difficile d’apprendre que l’un de vos cousins a perdu la vie », déclare l’ancien milieu de terrain dans son autobiographie. « Voir la réaction de ses proches m’a poussé à devenir le joueur que je suis aujourd’hui ». Sous-entendu, « si je suis resté aussi longtemps à Anfield, c’était pour Jon-Paul ».

Les hommes d’un club sont en voie de disparition

Au bout du compte, celui qui restera dans l’histoire de l’un des plus grands clubs de football de tous les temps y aura disputé 710 rencontres. Un exemple de dévotion caractéristique de la génération des Giggs, Scholes ou son ancien vice-capitaine Jamie Carragher… Une bande dont les derniers ambassadeurs s’appellent Xavi et surtout, Francesco Totti. L’Italien de 40 ans, dont le contrat avec la Roma n’est toujours pas renouvelé, mais le vieux briscard ne compte pas s’arrêter là. J’ai confiance en ma tête et mon corps, je peux encore donner beaucoup et si je me sens bien alors pourquoi s’arrêter ?», s’est récemment demandé le vétéran italien dans une interview à Sky Italia.

Mais après lui, il faudra se faire une raison. La race des joueurs d’un seul club sera probablement éteinte, et ne survivra que dans les mémoires de ceux qui les auront vu jouer. Steven Gerrard est de ceux-là. On ne l’oubliera pas. Merci, et au revoir l’artiste.

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