Le mardi 4 avril 2017 restera dans l’histoire comme le jour du premier débat entre tous les candidats à une élection présidentielle avant premier tour. À un peu moins de trois semaines du premier tour (23/04), les 11 candidats vont pouvoir opposer leur programme sur trois grands thèmes: l’emploi, la sécurité et le modèle social. 

Plus de 3h30 de débat, avec un temps de parole de 17 minutes pour chaque candidats environ, les interventions seront scrutées et pesées, l’objectif étant de marquer le coup pour les uns et de minimiser les dégâts pour les autres.  

Une exposition importante  

Il s’agit tout d’abord de rétablir un peu d’équité dans cette élection entre tous les candidats. Rappelons qu’il y a déjà trois semaines, un premier débat entre les cinq gros avait accouchés d’un gagnant Jean-Luc Mélenchon, d’un perdant Benoît Hamon, et d’un statu-quo pour les trois autres. 

Ce soir, les six autres candidats auront aussi leur mot à dire et on devrait s’attendre à des attaques en direction des principaux candidats. On peut facilement imaginer Nicolas Dupont-Aignan attaquer François Fillon sur ses différentes affaires et son programme et ainsi espérer drainer quelques voix, les deux hommes ayant le même type d’électeurs.

Nathalie Artaud et Phillipe Poutoux feront entendre la voix des salariés tandis que Jean Lassale, Jacques Cheminade et François Asselineau seront des nouveautés pour de nombreux téléspectateurs. 

Pour eux, il s’agira d’être un peu plus exposés médiatiquement, eux qui avec les temps de paroles attribués par le CSA sont complètement mis de côté… Réfléchissons un instant : il est déjà assez difficile d’obtenir les 500 signatures, qu’une fois candidats, ils se voient et doivent s’exprimer de façon tout à fait partielle. Où est l’égalité, l’un des trois principes de notre république ? 

Des favoris sous pression  

Pour les favoris, tout est question de maintenir leur avance pour les uns ou d’annihiler les espoirs des autres. 

Emmanuel Macron ne devrait pas prendre trop de risques (ce qu’il fait déjà si bien), et se contentera de répondre aux attaques de François Fillon et Marine Le Pen, secteur dans lequel il s’était montré tout à fait à l’aise lors du premier débat. 

Marine Le Pen quant à elle, est plutôt bien positionnée dans les sondages et continuera à pointer du doigt les mêmes maux: l’Europe, l’immigration et le « système ». 

François Fillon, qui pense bénéficier d’un vote caché, affirmera son statut d’homme d’Etat et s’appuiera sur son programme en faveur du travail pour tous (et de la misère pour beaucoup). 

 

Pour les deux autres, ce débat accouchera d’au moins un « mort », si les deux se neutralisent. Hamon est bien bas dans les sondages et Mélenchon ne cesse de progresser depuis le débat de TF1. Si Mélenchon continue sur sa lancée, il risque de prendre encore un peu plus de voix au candidat socialiste et pourra rêver un peu plus grand. Si ce n’est pas le cas, ce sera l’ensemble de la gauche qui risquera de perdre (sauf invraisemblable désistement de l’un des deux candidats).  

 
Ce débat est un exercice républicain comblant le manque d’équité qui existe entre tous les candidats lors du mois précédent le premier tour. Un cache misère démocratique qui au final pourrait sceller les espoirs (déjà bien minces) des candidats mineurs. 

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