La débandade

Après le referendum qui s’est tenu Jeudi 23 Juin visant à connaitre la décision du peuple anglais de rester ou pas dans l’UE, le verdict est tombé. l’UE a bel et bien perdu une étoile à son drapeau. Entre consternation, colère et joie, le Royaume-Uni tombe des nues, le pays est complètement fragmenté émotionnellement.

Or, au grand désarroi des eurosceptiques, la consternation ne touche pas que les Anglais mais aussi les citoyens des pays membres de l’UE. Pour la première fois, l’Europe semble ne plus être abstraite mais être une famille qui pleure le départ de l’un de ses membres.

Dans la foulée, le Premier ministre David Cameron, favorable au maintien du Royaume-Uni dans l’UE a annoncé qu’il démissionnait. Il n’en avait guère le choix, lui qui est à l’origine de ce référendum qu’il ne se voyait pas perdre. Le Royaume-Uni subit de plein fouet cette annonce en même temps que celle de la perte de son Triple A, l’affolement des bourses de Londres, Paris et des autres capitales européennes. Ainsi s’est propagée la fièvre « Brexit » sur l’ensemble du vieux continent.

La surprenante mobilisation

Cependant, dès le lendemain suivant l’annonce des résultats une retournement surprenant a eu lieu au sein du Royaume-Uni. Les Britanniques qui voulaient rester ont massivement contesté cette décision. Ce rejet de sortie de l’UE a engendré l’élaboration d’une pétition signées par plus de 3 millions de personnes. (https://petition.parliament.uk/petitions/131215)

Si pour les pro-Brexit ce référendum signe la fin de l’ère européenne pour le Royaume-Uni, la réalité est moins certaine.  En effet, l’impressionnante mobilisation des anglais doit être entendue par le gouvernement anglais car le Parlement s’est engagé à écouter toutes les pétitions de plus de 100 000 personnes (reste à déterminer si la fameuse pétition est valide, étant donnée qu’elle a été signée par de nombreux étrangers n’ayant pas leur mot à dire). De plus, comme le résultat pour la sortie de l’UE est inférieur à 60% (51,9 % pour et 48,1% contre) pour une participation totale au referendum de 72,2%, le parlement anglais doit statuer le 28 Juin sur un possible second référendum.

Ce nouveau référendum pourrait bien changer la donne. La chute de la livre sterling mais aussi des valeurs boursières anglaises conjuguées aux « pleurs » du reste des citoyens européens ont démontré que le « Brexit » n’est peut-être pas la meilleure chose pour l’économie nationale. Et les Britanniques commencent à le comprendre. Après le vote, donc. Effrayant.

Vague indépendante

Le référendum a ravivé les débats sur l’indépendance de la Catalogne en Espagne mais surtout en Écosse. Mais dernièrement ce qui devait être une blague a pris un tournant assez surprenant: une pétition pour que Londres soit indépendante tout en restant dans l’UE a trouvé plus de 130.000 signataires. C’est James O’Malley, un auteur et journaliste en free-lance de 29 ans qui a lancé cette pétition comme un cri de frustration. Ce dernier s’est transformé rapidement en un fantasme londonien.

Brexit, le choc générationnel ?

Enfin, le référendum pour la sortie de l’UE a mis à jour un élément qui n’a jamais été mentionné pendant toute la campagne pro-Brexit. En effet, les votes ont révélé que les personnes plus âgées avaient voté massivement pour la sortie de l’UE tandis que les jeunes ont opté pour le maintien du Royaume-Uni dans l’UE. Dans un pays dont la démographie tend à vieillir, la revendication de la citoyenneté européenne des jeunes n’a pu rien faire face à aux personnes âgées favorables à une souveraineté exacerbée.

Les jeunes britanniques se sont ruées sur internet afin de manifester leur colère mais aussi faire connaître leur mobilisation pour le vote d’un nouveau referendum. Ils expliquent être lésés par ce referendum qu’ils n’ont jamais désiré. Ils sont désormais obligé de composer avec un futur qu’ils n’ont pas vraiment décidé de vivre. Curieuse démocratie.

 

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