S’il y a bien un sport où la France est championne du monde pour passer du tout au rien (aussi bien dans son jeu que dans ses résultats), le rugby fait figure de sport numéro 1. Malheureusement, cette place n’est actuellement pas celle au classement du Tournoi des 6 Nations après les trois premières journées, où nos Bleus se sont s’inclinés deux fois pour une seule victoire.

Des mauvais résultats mais de bonnes prestations

Bilan négatif donc pour nos Bleus mais des motifs d’espoirs sont apparus dès le mois de novembre avec des performances intéressantes sur le plan du jeu. Celles-ci se sont faites face à des nations du sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, championne du monde en titre.
L’équipe de France n’a jamais été dominée outrageusement sur le tableau d’affichage, échouant toujours près de son adversaire (23-25 face à l’Australie et 19-24 face aux All Blacks). Malgré ces défaites, on retiendra le progrès effectué dans la relation entre avants et arrières, la continuité du jeu influée par notre charnière.

En commençant ce Tournoi des 6 Nations, les attentes étaient donc grandes autour de nos Bleus, et rien de mieux que d’affronter le frère ennemi anglais qui reste sur son grand Chelem de 2016. 80 minutes plus tard, le résultat est toute fois logique, la France est défaite 19-16. L’impression qui reste est tout autre: une forte domination dans le jeu, une capacité à franchir la ligne adverse et un sentiment de pouvoir mettre le danger à tout moment. Les plus critiques diront qu’il n’en reste qu’une défaite et c’est plutôt légitime. Mais n’oublions pas d’où cette équipe part…

Une victoire face à l’Ecosse, qui fait figure de gros cette année, et puis une nette défaite contre l’Irlande, et les certitudes sur nos Bleus ont été balayées d’une chistera! Rien de nouveau me direz vous…

Un sélectionneur compétent 

On va tenter d’être un peu moins français, faire preuve de positivisme et croire en nos Bleus! D’abord, donnons du crédit à notre sélectionneur, Guy Novès, dont la compétence n’est plus à prouver et qui impreigne de sa patte le jeu de notre équipe de France, comme il l’avait fait à Toulouse. Aujourd’hui, qui de mieux que Novès, peut prétendre à coacher nos Bleus? En tout cas, personne de l’avis de Bernard Laporte, président de la FFR: soutien qui pèse.

Une Fédération qui veut faire bouger les choses

Fédération qui vise d’ailleurs à changer et faire bouger les choses dans notre rugby aux structures vieillissantes. Déjà la possibilité de remodeler le calendrier, d’y ajouter un match international en plus par an afin de pouvoir financer son projet de contrat fédéral. Le projet a été mal reçu par la Ligue Nationale de Rugby (LNR) mais reste dans l’intérêt d’une équipe nationale plus forte, vitrine du rugby français.

Des joueurs qui s’affirment

La LNR voit donc d’un mauvais œil l’instauration de contrats fédéraux pour une quarantaine de joueurs, ce n’est certainement pas l’avis de ces mêmes joueurs du XV de France. D’ailleurs parlons-en des joueurs ! Avec l’arrivée de Novès, les cartes ont été redistribuées et certains se sont révélés. Devant, le capitaine n’est plus à trouver : Guilhem Guirado est l’Homme fort de XV, une exemplarité à tout épreuve et des matchs de très haut niveau à son actif depuis sa prise de brassard. Louis Picamoles dont son départ vers le championnat anglais a fait le plus grand bien, confirme tout son potentiel et affirme sa position d’homme de base du sélectionneur. La grande révélation de l’ère Novès est à trouver devant en la personne de Kevin Gourdon, troisième ligne ne faisant qu’impressionner match après match. Doté d’un physique atypique pour un troisième ligne de haut niveau (pesant moins de 100kg), le rochelais compense par sa capacité à percer les défenses adverses et par sa technique au contact qui le projette constamment vers l’avant. On tient là, un joueur qui a tout l’air d’un futur très grand à son poste.

Devant, la charnière n’est plus à trouver, Novès tient pour l’instant une charnière taillée pour développer le jeu mis en place. La paire Serin-Lopez a une longue d’avance sur ces poursuivants. Sinon au centre Rémi Lamerat, arrivé cette saison à Clermont démontre ses qualités techniques et physiques au plus haut niveau. Un joueur qui malgré son manque d’expérience à ce niveau là démontre déjà une capacité à prendre des décisions et des intentions de jeu intéressantes.

Vers l’horizon 2019 …


Des éléments donc qui laissent à penser que nos Bleus sont sur le bon chemin et ce n’est sûrement pas face aux faibles italiens et aux prédateurs gallois qui risquent de mettre à mal nos prometteurs français…

Pour la suite tout est à prouver, déjà il s’agit de bien finir ce tournoi afin de valider les espoirs entretenus depuis novembre. La suite quant à elle, se situe sur la volonté du rugby français de mettre le XV de France dans les meilleures conditions pour qu’à l’horizon 2019.

Tous ensemble, rêvons bleus !

LAISSER UN COMMENTAIRE