Un huitième film déjà promis au succès et une nouvelle aura médiatique. C’est peu dire que Quentin Tarantino a déjà fait sienne l’année 2016. Les plus grands experts, l’ont déjà prédit : « 2016 sera Tarantinesque, ou ne sera pas ». Star Wars ? Connais pas.

 

Les 8 salopards
IL FAUT BEAUCOUP DE POP CORNS POUR TENIR LES 2H47 QUE DURENT LE FILM

 

De son propre aveu, l’année 2015 a été une année charnière pour lui. Outre le tournage de son huitième film, Quentin Tarantino s’est montré sous un nouveau visage. D’ordinaire si discret, si neutre – presque autant que la Suisse – dans la vie civile, le cinéaste s’est engagé ouvertement, et pour la première fois, dans un combat politique. Il est ainsi devenu une figure majeure du mouvement Rise Up October, engagé contre les violences policières envers les noirs aux Etats-Unis. Une mauvaise pub dont le syndicat de police se serait bien passé. En représailles, ce dernier a contre-attaqué en appelant au boycott du film. Oeil pour oeil… on se croirait dans Kill Bill.

 

Son autre fait d’arme de 2015, les Huit Salopards, devrait aussi occuper le devant de la scène 2016.  Piraté, leaké et quasiment abandonnné, le film n’a pas fini de monopoliser l’attention médiatique. Ni la votre puisqu’il dure 2h47. En tout état de cause, Tarantino fera encore parler de lui en ce début 2016. Et le reste de l’année pour ceux qui débattront afin de savoir s’il s’agit de son meilleur film, de son deuxième meilleur, de son plus personnel, de sa plus grosse daube, d’une imposture ou d’un pur Tarantino.

 

(Crédit : Premiere)
(Crédit : Premiere)

 

Pour son huitième film qui comporte, comme le relèvent nos amis les illuminatis, le chiffre 8 dans son titre, Tarantino a misé sur le western. Un grand classique sur lequel les frères Coen s’étaient cassés les dents avec l’insipide True Grit, auquel Tarantino sait néanmoins faire honneur.

 

La scène inaugurale s’ouvre sur une diligence qui n’est pas sans faire écho à celle de Django Unchained, et amène sont lot de protagonistes au sein d’une auberge qui n’est pas sans rappeler celle d’Inglorious Bastereds et qui servira de huis-clos pour le déroulement du film, à la manière du scénario de Reservoir Dogs. Pas mal de déjà vus qui peuvent être perçus comme d’habiles clins d’oeil du cinéaste à ses fans par les uns et comme une forme de paresse et de manque d’inspiration par les autres.

 

A l’écoute des dialogues assez fades, où l’insulte va bon train comme souvent, on a quand même le sentiment que Tarantino a opté pour la facilité plus que pour le génie. Alors oui, les huit salauds sont ici humanisés comme jamais. Oui, il y a une réflexion sur la violence et la justice, sur la politique, mais cela concerne malheureusement une partie mineure du film. Néanmoins, le casting est toujours aussi plaisant. Tim Roth y est exceptionnel et Samuel L. Jackson reste fidèle à l’image que Tarantino lui a insufflé dès leurs premières collaborations.

 

L’esthétique de la violence, maître mot dans la bouche de tout fan de Tarantino se respectant, est une nouvelle fois au rendez-vous. Et elle accaparera inévitablement le débat. Un cinéaste californien comparait même la  propagande vidéo de l’Etat-Islamique à la bande-annonce des Huit Salopards. L’analyse est la suivante : il ne s’agit pas de filmer l’acte violent, mais de faire ressentir la jouissance de la violence et du crime au spectateur. Nul doute, sur ce point, que Tarantino fera aussi parler de lui. «Le monde qui nous entoure est dégueulasse et sordide. Je ne cherche pas à le maquiller comme 99 % des films hollywoodiens», déclarait-il. Vous êtes prévenus. 2016 sera Tarantinesque.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE