L'unique action du match (Crédit : Le Télégramme)

Un titre racoleur en ce lendemain de (gigantesque) défaite, qui n’a rien d’ironique. Car il me semble que les Bleus subissent un traitement médiatique quelque peu exagéré. Depuis le début de cette Coupe du Monde, je suis le premier à cracher sur la qualité de jeu minable de cette équipe. Mais hier, avec probablement un peu de chauvinisme, je me suis surpris à vibrer devant cette équipe.

 

L'unique action du match (Crédit : Le Télégramme)
L’unique action du match (Crédit : Le Télégramme)

 

Le score est bien entendu sans appel. Néanmoins, je ne suis pas emballé par le jeu des néo-zélandais hier qui ne m’ont guère impressionnés. Oui leur victoire est logique, ne doit rien à la chance, ni même à un arbitrage parfois douteux. Mais je persiste : hier les Bleus ont livré leur meilleure prestation du mondial, et n’ont pas mérité une si cruelle défaite.

 

Notons de prime abord que le premier essai de la Nouvelle-Zélande intervient sur un coup du sort et non un exploit. Michalak, qui n’a plus rien à faire à ce niveau, commet l’erreur de dégager au pied dans ses 22 au lieu de jouer à la main. On n’épiloguera pas sur le choix des hommes, mais cet essai intervient alors que les Bleus sont bien en place.

 

Valeureux en défense, ils ne commettent pas énormément de fautes, et résistent à des All-Blacks pas vraiment transcendants. Leurs passes sont d’ailleurs à la limite du règlement, d’autant plus qu’on sait que sur le seul essai français, pourtant incontestable, l’arbitre demande la vidéo pour … une passe litigieuse.

 

Régulièrement hors-jeu et rarement sanctionnée, la Nouvelle-Zélande mise sur sa puissance et sa vitesse plus que sur son agilité. Un jeu moche mais efficace. Gareth Bale, bonsoir. Et sans les imprécisions des Bleus, le score aurait pu être différent. Rappelons également qu’avec deux matchs de repos supplémentaires, les Néo-zélandais paraissent logiquement plus frais.

 

Plus frais mais inexistants dans les regroupements, pris de vitesse par un Fofana méconnaissable, enrhumés par un Spedding surprenant et ambitieux, gênés par un Dulin toujours aussi vif. Ces Bleus ont du coeur, enchaînent les passes et quelques phases de jeu intéressantes.

 

D’ailleurs à la mi-temps, le tableau d’affichage n’est pas alarmant. Durant les premières minutes de la seconde période, ce sont les Bleus qui broient leurs adversaires dans les duels, à tous les niveaux. Installés dans leur camp depuis cinq bonnes minutes, le XV de France obtient en toute logique une pénalité.

 

Les All-Blacks, cette si belle équipe de rugby, louée pour son beau jeu, digne représentante des valeurs de l’Ovalie, la joue fair-play : ils ne rendent pas le ballon, empêchant les Bleus morts de faim de jouer leur pénalité. L’arbitrage toujours aussi laxiste laisse faire, attend la baston et sort Picamoles qui fout en l’air le travail de son équipe pour un coup de poing aussi ridicule qu’inutile.

 

Carton jaune, pénalité inversée. Fin du match. Les Bleus désemparés, abandonnent. Avec deux joueurs néo-zélandais dans leur camp, dont Mc Caw plus hors-jeu que beau jeu, ils encaissent un nouvel essai. Et quoi de plus humain, à 14 contre 15 et une vingtaine points de retard que de lâcher prise ?

 

Psychologiquement l’envie n’est plus là, les entrants ne peuvent qu’être démotivés. Rien d’incroyable, à ce que l’équipe encaisse essai sur essai. Autre indicateur qui aurait dû calmer les haters du samedi soir et du dimanche : un Laporte en campagne et un Jeanpierre en extase totale devant les Blacks.

 

Le calvaire prend finalement fin, on peut désormais critiquer les joueurs, le staff, la FFR etc. Il n’y a rien de plus futile que de refaire le match en dénombrant les coups du sort et en mettant en cause l’arbitrage. Mais ce score impressionnant, bourré de records aussi tragiques que statistiques et dont on à rien à foutre, est à relativiser. Les Bleus n’ont pas démérité, les All-Blacks ne m’ont pas impressionnés.

 

Ces Bleus étaient valeureux hier. La vraie victoire n’est pas le départ de Saint-André. C’est la fin de ce déchaînement médiatique qui sonne véritablement creux. C’est surtout la fin de ce rugby morne et sans saveur. Place au sport. Euro 2016, viens-nous vite, avec ton flot d’experts nuls, de haters incultes et, surtout, avec Kevin-Monnet Paquet en bleu.

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