C’est dimanche dernier que nos voisins autrichiens ont élu leur nouveau président pour les six prochaines années.

C’est le candidat écologiste, Alexander Van der Bellen, qui a finalement été élu, face à Norbert Höfer, représentant du FPÖ (littéralement, « parti de la liberté »), parti d’extrême-droite. Alors que l’Europe entière s’inquiétait de voir Höfer prendre le dessus, il semble que ce dernier n’ait pas su convaincre les électeurs…

Il faut dire que ces élections ont été quelque peu mouvementées… En réalité, Alexander Van der Bellen avait déjà été élu en mai dernier, mais ce second tour avait été annulé sous un prétexte douteux : le parti du FPÖ avait contesté le dépouillement des bulletins, et la justice lui avait donné raison, reportant l’élection en décembre. Mais ce sursis n’a-t-il pas finalement eu totalement raison de lui ? Le peuple autrichien, qui attendait avec impatience l’élection de son nouveau président, a dû supporter six mois supplémentaires de campagne, qui auront fini par lasser. Les partisans de Van der Bellen en ont également profité pour se ressouder après une première victoire de justesse.

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Les enjeux étaient importants : l’Autriche a failli être le premier pays européen à élire un président d’extrême-droite. Afin de se donner toutes les chances, Norbert Höfer a dû temporiser les pratiques de ses adeptes, qui n’y allaient pas de main morte. Avant que Höfer ne l’interdise, les membres du FPÖ allaient même jusqu’à porter un bleuet à la boutonnière, un symbole qui permettait aux suiveurs d’Hitler de s’identifier les uns les autres ! De même, toute forme de propos xénophobe ou antisémite a été rayée de la campagne du candidat d’extrême-droite. Pour autant, le discours du FPÖ restait bel et bien virulent et agressif, à travers la parole de Höfer ; une telle radicalité, bien qu’elle séduise un nombre inquiétant d’électeurs, continue d’en effrayer la majorité.

De l’autre côté, Van der Bellen, septuagénaire qui se qualifie lui-même d’enfant de réfugiés, a su rassembler à la fois la gauche et les conservateurs. La plupart des électeurs auront donc choisi de se fier à des idées plus rassurantes, qu’ils connaissent déjà.

Pourtant, les 46 % de votes rassemblés par Norbert Höfer laissent craindre une réelle montée de l’extrême-droite dans la politique européenne. Doit-on craindre un effet domino sur le reste de l’Europe ? Affaire à suivre dans les prochains mois, notamment avec les élections présidentielles françaises.

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