Controversé, charismatique, déconcertant, salvateur ou ridicule, Boris Johnson ne manque jamais une occasion de faire parler de lui. Homme politique conservateur, l’ancien maire de Londres (2008 – 2016) s’est distingué autant par ses déclarations fracassantes, notamment en faveur du Brexit, que pour ses actes au sein de la capitale anglaise. Désormais simple parlementaire, portrait d’un homme politique fantasque à la personnalité étonnante.

 

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Un maire de Londres remarqué

 

Ce n’est que depuis 2000 que le maire londonien est élu au suffrage universel direct, pourtant, son rôle et son importance sont souvent négligés. Et si l’excentricité de Boris Johnson a largement participé à redorer ce poste clé, l’homme politique s’est également distingué par quelques décisions notoires.

Au premier rang de celles-ci, ses investissements massifs dans les infrastructures pour les cyclistes. Evalués à près de 1 milliard de Livres Sterling, Boris Johnson a mis les grands moyens pour régler le problème de la circulation à Londres, créant un système de vélos en libre service autrement appelé les « Boris Bike ». Des équipements dont Ken Livingston, son prédécesseur, revendique aussi la parenté.

Figure majeure du bon déroulement des Jeux Olympiques londoniens, Boris Johnson s’est particulièrement distingué par des discours pour le moins étranges. Soucieux de réussir une entrée marquée avant un discours, l’ancien maire a eu la bonne idée d’arriver en tyrolienne sur le lieu de son discours. Manque de chance, le dispositif s’est coincé en cours de route, et lui avec. Une situation cocasse qui n’a pas manqué d’être filmée.

Au cours de ses discours donnés dans le cadre des JO, Boris Johnson s’est fendu de plusieurs déclarations fracassantes. Entre patriotisme exacerbé et traits d’humour, il s’était fendu de plusieurs phrases critiques à l’égard de la politique industrielle française, qualifiant le ministre de l’industrie de l’époque d’ « excentrique ». Ces déclarations souvent aussi inattendues que mémorables ont d’ailleurs contribué à la construction de la notoriété de Boris Johnson.

 

Un défenseur de la finance, aux idées originales

 

Le « Donald Trump british »  s’est également distingué pour ses idées démesurées, comme celle visant à fermer l’aéroport d’Heathrow, pour le remplacer par une plateforme aéroportuaire plus grande. Un plan simple selon lui, estimé à 50 milliards de Livres Sterling.

Mais l’un de ses plus féroces combats en tant que maire de Londres était dirigé contre la taxe sur les transactions financières. Prémices de ses relations froides avec l’Union Européenne, Boris Johnson avait proposé aux banques allemandes, italiennes et espagnoles de venir s’installer à Londres afin d’éviter cette taxe potentielle.

Dans la lignée de ses positions en matière financière, Boris Johnson a publiquement défendu sa ville lorsque celle-ci était pointée du doigt, via la fameuse City, au coeur de la crise financière. « La confiance dans l’économie doit être rétablie », déclarait-il à ce sujet.

« J’espère et je crois que nous finirons par voir la fin de cette colère destructive à l’encontre des banques, et que nous pourrons accélérer le processus au sein duquel les banques s’engagent auprès d’actions caritatives, en montrant que les banques sont le cœur de l’économie. C’est grâce aux banques que nous avons des remèdes contre le cancer »

Un peu en contradiction avec ses positions précédentes, il s’était également insurgé, au cours d’une discussion avec Matt Britten (Vice Président de Google pour l’Europe du Nord et l’Europe centrale), du fait que Google ne payait pas assez d’impôts.

Retiré depuis quelques mois de son poste de maire, Boris Johnson continue de faire parler de lui, maintenant ainsi une forte présence médiatique à travers des opinions auparavant exprimés implicitement, à l’encontre de l’Union Européenne qu’il ne porte pas dans son cœur.

Un leader controversé des partisans du Brexit

C’est en effet en tant que fervent opposant à la présence du Royaume-Uni au sein de l’Union Européenne que Boris Johnson se distingue aujourd’hui. Son parti, dont le chef de fil et Premier ministre, David Cameron, fait campagne contre le Brexit, n’a pas de ligne directrice sur cette question. L’ancien maire de Londres s’est quant à lui prononcé en faveur du Brexit, refusant toutefois de débattre contre les membres de son parti qui y sont opposés.

Ardent partisan d’une sortie de l’Union, Boris Johnson a multiplié depuis la fin de son mandat (le 8 mai 2016) les déclarations étranges, comme celle-ci rapportée par le Sunday Telegraph.

« Napoléon, Hitler, plusieurs personnes ont essayé de le faire, et cela s’est terminé de manière tragique. L’Union européenne est une autre tentative avec des méthodes différentes »

Loin d’y être complètement hostile, Boris Johnson a confié adorer Bruxelles, où il a vécu, et être un grand fan de la culture européenne, qu’il préfère toutefois ne voir que durant ses vacances ou dans son assiette, jugeant l’Union Européenne trop peu démocratique. Ambitieux, l’ancien maire n’a jamais caché son envie de devenir un jour Premier ministre. Nul doute que sa position affirmée à l’encontre de l’Union européenne pourrait lui servir de tremplin en cas de victoire du Brexit.

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