De mémoire d’homme, rares sont les élections présidentielles à avoir été si palpitantes. Il suffit de voir la façon dont les candidats se tapent dessus, se retrouvant dans des situations plus improbables et délicates les unes que les autres. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant qu’un réalisateur décide d’adapter ces élections en série télévisée, à la manière de House of Cards !

Alors que François Fillon, sur qui personne n’aurait parié lors des primaires de droite, semblait monter en puissance, le voilà dans la mouise. Et, à l’image de tout bon drama qui se respecte, c’est toute sa famille qui se retrouve impliquée ! Et, à l’image de tout bon personnage principal de série, le bon Fillon cherche à protéger sa chère et tendre envers et contre tout. Seulement, le sort s’acharne : les rebondissements tombent toutes les semaines dans Le Canard enchaîné, et les électeurs se régalent, impatients de voir le prochain épisode. François avait bien déclaré à ses électeurs qu’il se retirerait de la course en cas de mise en examen, un choix qui aurait mis fin à ses tourments, d’autant plus que son gouvernement s’écroule et que ses soutiens se font la malle. Mais non, le candidat de droite s’enfonce encore et toujours en refusant de se soumettre, révélant aux électeurs qu’il n’est pas plus honnête et juste que n’importe qui d’autre. Et le héros devient anti-héros…

 

 

Pendant ce temps, Marine Le Pen voit en le « Penelopegate » le moyen de voler des électeurs à Fillon. Mais là encore, les révélations pleuvent : emplois fictifs du côté d’assistants parlementaires douteux, le patrimoine des Le Pen sous-évalué… La présidente du FN refuse elle aussi de se rendre, elle qui s’estime injustement attaquée. Une chose est sûre, la justice aura joué un grand rôle dans ces présidentielles…

Emmanuel Macron, que personne n’attendait, représente la fougue de la jeunesse, et essaie de charmer les Français avec son joli sourire pour cacher son absence de réel programme. C’est le manque d’expérience et de réalisme qui joue en sa défaveur, ce que les autres candidats ne manquent pas de rappeler dès qu’ils le peuvent… Ça, et le fait qu’il veuille absolument contenter tout le monde. Une tendance qui lui a notamment fait défaut il y a quelques jours, lors de ses propos sur une Manif pour tous « humiliée ». Manu a bien essayé de se rattraper auprès de la communauté LGBT, en vain. Résultat : les deux côtés se méfient de lui. Le joli cœur s’accroche pourtant et continue de passionner les foules. Tout cela sans mentionner son alliance inattendue avec François Bayrou, alors que celui-ci s’opposait auparavant à lui. Mais que serait un bon feuilleton s’il n’y avait pas des retournements de situation improbables ?

Ces candidats ont au moins le mérite de faire parler d’eux. Du côté de la gauche, justement, les électeurs sont en manque de révélations croustillantes et il est presque étonnant que Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon ne se mouillent pas exprès pour attirer l’attention.

Aujourd’hui, rien ne permet de savoir qui remportera ces élections. Alliances, trahisons, rebondissements… Tous les ingrédients sont réunis pour divertir un public assoiffé de ces intrigues politiques. Il est un peu dommage de constater que, là où les candidats mettaient la priorité à défendre leur programme il y a encore quelques années, ils préfèrent aujourd’hui s’envoyer des coups bas plus ou moins mesquins. La victoire ira au dernier survivant… Faites vos jeux !

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