L'artiste Siska ©Julie Lagier

Siska anciennement Siska Ka du groupe Watcha Klan, est une chanteuse marseillaise originaire des quartiers nord de la ville. Après dix ans de carrière et de tournées internationales, la jeune femme a décidé de poser ses bagages. On a passé un peu de temps avec elle pour apprendre à la connaître.

Qui est Siska, cette artiste pleine d’énergie aux origines multiples?

Siska ©Julie Lagier

D’où viennent tes influences et quelle est ta source d’inspiration ?

« J’ai toujours écouté de la Soul et du Hip-Hop, ce sont mes styles de musique de prédilection. De Billie Holliday à Björk, MIA ou encore FKAtwins, j’aime écouter de la musique. On peut dire que ce qui m’inspire le plus, c’est la vie tout simplement. En vrai, j’ai commencé à faire de la musique car dans les quartiers c’est ce qui permet de se faire respecter. Puis, avec toutes les influences de là où j’ai résidé, j’ai pu me former de manière autodidacte. Maintenant, je ne peux plus me passer de la musique, ça me permet de m’exprimer, ça me fait du bien.  »

Avant tu chantais en arabe, en hébreu, pourquoi un album en anglais ?

« Fière de mes origines, avec un père algérien et une mère juive d’Europe de l’est, il est vrai que j’aimais interpréter mes musiques dans ces langues mais pour cet album c’est tout naturellement que je me suis tournée vers une écriture en anglais. La quasi-globalité des chansons que j’écoute est en anglais. Puis, il n’y a pas à dire pour groover c’est ce qui sonne le mieux. Pour le moment, il m’est difficile d’écrire en français, des artistes comme Brel ou Camille le font très bien, moi je ne suis pas prête pour le moment. »

Pourquoi une carrière solo ?

« J’ai décidé de mener une carrière seule lorsque j’ai eu ma fille. J’ai eu envie de plus de stabilité, arrêter un peu les tournées internationales, prendre plus de temps pour moi et ma fille. Puis j’ai eu envie de parler de choses différentes, avec le groupe mes chansons étaient très engagées, pour mon album j’ai préféré être plus dans l’émotion et parler de choses plus personnelles. »

Tu as le style à chanter pieds nus, tu l’as déjà fait ?

« Avant oui, je chantais souvent pieds nus mais pas pour les raisons que l’on pourrait croire. Ca me permettait juste de choisir un élément en moins avant de monter sur scène ! Donc une prise de tête en moins puis j’aime ressentir les vibrations du sol quand je chante, la sensation de la basse j’adore ça ! Ensuite, j’ai découvert le confort des baskets alors je viens moins souvent pieds nus sur scène. »

 

Tu es une personne relativement engagée, pour toi quel est le combat le plus important ?

« A mes yeux, je dirais tout simplement l’égalité dans le sens large, que ce soit entre homme et femme, l’égalité sociale, culturelle, éducative ou même vis à vis de la santé. J’aimerais l’application de l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » »

Une ville préférée ?

« J’ai eu la chance de pouvoir beaucoup voyager grâce aux tournées que j’ai pu faire. Mais si je devais choisir une ville en particulier, ce serait Berlin sans hésitation. J’ai beaucoup traîné dans Kreuzberg, c’est une capitale tellement underground. L’application de l’expression « Do it Yourself » prend vraiment tout son sens là bas. J’aime aussi le fait qu’ils assument leur triste passé, on sent que les gens portent l’Histoire sur leurs épaules et ça les rend meilleurs. Malheureusement, en France, on a un peu tendance à oublier. »

Fernsehturm Berlin,Jörg Schubert, Flickr – photo libre de droit

Un avis sur la politique ?

« Je pense que les choses doivent venir de nous, ce n’est pas un politique qui va guider nos vies. On peut soi-même changer les choses en roulant plus à vélo, en mangeant moins de viande etc. Le bonheur et l’amour ça se cultive, ça ne tombe pas du ciel. J’étais boursière puis j’ai touché le RMI. Je ne suis pas restée sans rien faire, cette période m’a permis de planifier mes projets. On est dans un pays où il y a encore du social, il faut saisir cette chance. En France, on a la sécurité sociale, l’école gratuite, nous avons plein d’avantages comparé à d’autres pays, il faut se sortir les doigts du cul. Il faut utiliser les outils qu’on nous donne et ne pas s’endormir avec. Un conseil au passage : allez voter, qu’importe pour qui même si c’est blanc mais profitez de ce droit. Il faut utiliser l’ensemble des droits qu’on nous donne ! »

Siska en live ©Julie Lagier

Si vous souhaitez voir le phénomène sur scène rendez-vous demain samedi 22 avril au Printemps de Bourges , à Londres sur la scène de Hootannany le 26 mai, le 23 juin dans les Bouches du Rhône à Ventabren, au Festival Nuits Carrés à Antibes le 30 juin, au Festival Passion Blues de Cognac le 5 juillet, lors du Festival Trad’In d’Embrun le 9 juillet ou encore le 28 juillet à Gardanne.

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,
    Je deviens une habituée et grâce à Skyzo je découvre un renouveau dans le journalisme.
    Je ne connaissais pas Siska…. au travers ce reportage j ai découvert la femme et la chanteuse.
    Surprenante, attachante et talentueuse.
    J aime

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