Avec son nouvel EP (extended plays) +++ sorti le 6 mars, Skreally s’impose un peu plus comme une figure incontournable du R&B français. Son style et son parcours nous obligeraient presque à nous poser la question suivante : Skreally est-il le PARTYNEXTDOOR français ?

Une question de style

Passées leurs similitudes physiques, qui s’expliquent par leurs origines caribéennes – la Jamaïque et Trinidad pour PND, la Martinique pour SB – les deux artistes se ressemblent surtout musicalement parlant. Si le R&B classique des années 90-2000 façon Willy Denzey ou Matt Houston n’est clairement plus d’actualité, la nouvelle vague R&B, issu du mélange assumé de rap et de chant, qui fait loi aux States ces dernières années, a fini par s’exporter dans l’hexagone. Et contrairement à un Monsieur Nov, qui a subtilement glissé de la première à la seconde, Skreally s’est d’entrée tourné vers cette mouvance à mi-chemin entre le rap et le R&B. Un style qui a propulsé PARTYNEXTDOOR au rang de poids lourd de la new school nord-américaine et qui fait du chanteur du 78 un précurseur sur la scène française.

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Dans son projet +++, le quatrième après Karma, #Superstona1 et 03:52,  Skreally Boy jongle donc entre rap et chant sur sept tracks aux prods tantôt sombre (« 7893 »), tantôt très mélodieuse (« Solo P3 »). Ces mêmes instrus qui font penser à celle de PND, la faute à des changements imprévus de rythme et d’ambiance au sein d’un même morceau. Il est d’autant plus difficile de ne pas établir de comparaison entre les deux à l’écoute de cet EP, tant la nonchalance et le phrasé du Français rappellent la recette qui a fait le succès du natif de Mississauga. Tout comme Party, Skreally s’adresse aux femmes, des plus respectables aux plus avenantes, avec douceur mais sans pour autant faire dans la dentelle – « au volant tu t’déhanches comme une popstar, j’suis partant pour que tu balance ton corsage » (« U. »). Autre point commun, Skreally et son homologue canadien savent et veulent tout faire sur chacun de leur projet : rapper, chanter et surtout produire, ce qui s’explique par leur parcours respectif.

Un parcours commun

Cette polyvalence, propre aux deux artistes, trouve sa source dans le fait que les deux chanteurs sont également des beatmakers en puissance. Party et Skreally ne se contentent donc pas d’écrire leurs textes, ils composent également leurs instrus sur chacun de leurs projets respectifs. Outre ses propres morceaux, le Canadien a produit des artistes comme Drake (« Legend », « Preach », « Wednesday Night Interlude » – If You’re Reading This It’s Too Late) et Usher (« Let Me » – Hard II Love). De son côté Skreally Boy, ou plutôt Richie Beats, a signé les prods de rappeurs comme Booba (« Tony Sosa » – D.U.C, « Pinocchio » – Nero Nemesis), Nekfeu (« Laisse aller » – Feu) ou Joke (« MTP Anthem » – Kyoto, « 2014 à l’infini » – Delorean Music, « French Riviera » feat. Jhené Aiko – Ateyaba, …) pour ne citer qu’eux. Si le Français n’écrit pas pour les autres, comme a pu le faire PND sur « Work » de Rihanna feat. Drake et « Shining » de Dj Khaled feat. Beyonce et Jay-Z, il est tout de même à l’origine de nombreux hits du rap hexagonal car, comme il le dit lui-même, « quand un artiste reçoit une prod, c’est elle qui lui donne l’inspi mon frère ».

Skreally Boy ou Richie Beats, le rappeur-chanteur-beatmaker est aujourd’hui un artiste accompli qui pourrait bien insuffler un second souffle au R&B français. Son style, son flow et sa polyvalence nous ont fait pensé à PND, on a plus qu’à lui souhaiter de connaître le même succès. Pour finir, on vous laisse découvrir son dernier clip qui compile les morceaux de son projet +++ !

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