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Le 24 juin, une partie des Britanniques se réveillaient avec la gueule de bois sans que Bacchus y soit pour quelque chose. Les anti-Brexit avaient perdu. Quelques jours plus tard, des londoniens manifestaient pour l’indépendance de la capitale anglaise. Tandis que Nicola Sturgeon, la Première ministre de la province semi-autonome écossaise, se présentait à la Commission européenne pour tenter de rester dans l’Union Européenne et demander un nouveau référendum pour l’indépendance de son pays. Tout ce bordel nous interpelle. Le référendum, est-il vraiment le mode de scrutin qui traduit le mieux la démocratie ?

Qui est in ? Qui est out ?

« La démocratie, c’est deux loups et un agneau votant ce qu’il y aura au dîner. La liberté, c’est un agneau bien armé qui conteste le scrutin. » Cette citation faussement attribuée à Benjamin Franklin serait un bon sujet de méditation pour les partisans du maintient dans l’UE. Ils appliquent d’ailleurs pour certains la même définition de la liberté en s’indignant du résultat quitte à demander l’indépendance de Londres. Le rejet exprimé dans les urnes a mis en éveil le manque flagrant de proposition juste au cas où le non l’emporterait. Un référendum qui n’aurait jamais dû voir le jour si David Cameron ne l’avait pas utilisé comme argument électoral durant les législatives de 2015. Cameron a tenu sa promesse, certes, mais en prenant le risque d’isoler le Royaume-Uni du marché, d’autant plus que les négociations s’annoncent ardues étant donné que l’UE n’est pas disposée à faire de cadeaux aux Britanniques.

Fallait-t-il recourir à un référendum alors que l’un des choix ne proposaient aucune alternative à soumettre hormis la sortie ? Parmi les Pro-Brexit, certains n’ont-t-ils pas confondu ce référendum sur l’Europe avec une consultation sur l’Euro ?

Le cas de l’Ecosse

L’aspiration des Ecossais de rester dans l’UE (62 % de « in ») révèle une cruauté du scrutin. Cela illustre que « la démocratie, c’est deux loups et un agneau votant ce qu’il y aura au dîner ». Groggys du résultat final, tout comme les Français ou les Hollandais qui ont voté « non » au référendum pour la Constitution Européenne de 2005 n’empêchant pas la signature du traité de Lisbonne signé par les États membres, deux ans plus tard. On appelle ça un déni de démocratie. Comme l’hypothétique départ des Écossais favorables au « remain ». Les problèmes liées à ces scrutins sont plutôt dû à un manque de débat préalable et de participation des citoyens aux choix de manière plus concrète dans la vie politique européenne. L’UE donne souvent l’impression au peuple d’être loin des gens comme sur les négociations sur le TAFTA.

La solution Suisse

Pour impliquer les citoyens de l’Europe des votations régulières sur le modèle suisse boosterait probablement l’intêrét pour la politique Européenne. Les différents intervenants Pro-Brexit semblaient majoritairement contre la politique de l’UE mais pas radicalement opposés à l’idée européenne et se sentent « évidemment européen ». Une nuance absolument absente du fameux référendum sur l’UE. Comme le dit la fameuse citation de Churchill : « Democracy is the worst form of government – except for all those other forms, that have been tried from time to time . »

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