Tube de l’été en Côte d’Ivoire, « Pamela la Brouteuse » est un titre tout en dérision qui se moque gentiment des toubabou (blancs) habitués à se faire arnaquer. Skyzo a rencontré Greg Duret alias DJ Petit Piment, un belge plein de fraîcheur qui a envie de s’amuser.

" La boum"
« Ca boum »

Greg Duret n’aurait jamais penser devenir une star en Côte d’Ivoire. De surcroît dans le genre musical du « coupé-décalé », naît dans ce pays durant les années 2000 et célèbre pour ses beats endiablés sauce afro, ses danses rythmées, amusantes et sensuelles. DJ Petit Piment nous avoue avec humilité: « je n’égalerais jamais les Ivoiriens dans le coupé-décalé, j’ajoute une touche de beat européen et une dérision belge. Pour ne pas vexer les puristes du coupé-décalé, je dis que c’est un coupé-décalé type façon-façon ».

Néanmoins, son titre « Pamela la brouteuse » catalyse tout ce qui a fait le succès du coupé-décalé dans le pays de Yaya Touré: du rythme, de la déconne, l’envie de s’amuser et une dose de satire à prendre au millième degrés. « Pamela la Brouteuse » raconte l’histoire d’une nana ivoirienne qui a son babtou sûr qu’elle escroque et « broute»; les brouteurs étant les arnaqueurs du net en Côte d’Ivoire.

Le coupé-décalé tire son nom de coupé pour arnaquer et décalé pour s’enfuir. La metteuse en scène suisse Marielle Poinsard propose à DJ Double P formé à la percussion d’Afrique de l’Ouest de composer la musique de son spectacle « On va tout dallaser Pamela » inspiré du coupé décalé. «On est parti dix jours pour Abidjan afin que je m’imprègne du coupé-décalé », raconte le belge âgé de 46 ans. « Pendant ce temps-là, j’ai rencontré le manager de Bebi Philip (en featuring de Pamela la brouteuse) qui me l’a présenté. Ça m’intéressait parce que je ne connaissais tous les codes de la musique africaine. On a travaillé ensemble sur la qualité du son, les basses… ». Une rencontre musicale importante dans la production finale du morceau, «c’est une superbe collaboration », se réjouit-t-il puisque le producteur ivoirien « Bebi Philip a respecté le morceau que j’avais fait ». Cette histoire de hit express à l’Africaine se poursuit avec « un clip fait à l’arrache deux jours après ». Roland Gogo, « un super gars qui travaille super bien », bossant en autres pour Canal+ Afrique, est chargé de réaliser le clip en un jour et demi.

« Ce qui fait marrer les Ivoiriens et a fait le succès, c’est que je joue l’anti-héros qui se fait rouler. Il y a beaucoup d’auto-dérision ». Le succès s’explique aussi par une générosité se dégageant de Greg Duret qui lors des promos à la télévision ivoirienne et les spectacles jouent le jeu à fond en dansant une chorégraphie façon coupé-décalé aidé de son duo de danseuses, drôlement appelés les Espelettes (oui comme le piment basque) et également sœurs jumelles dans la vie.

DJ Double P ne veut pas s’arrêter là et doit encore faire produire deux titres tout en poursuivant sa promotion. Promotion qui dérange ces potes de la dub-step qui trouve « qu’il s’est vendu ». Selon lui, il « s’amuse sans pression » et « ne comprend pas trop ces critiques ». Parcours atypique si il en est en plus de la dub-step, DJ Petit Piment est passé par divers style de la world music en plus d’avoir été ingénieur civile avant de faire un tour aux Beaux-Arts pour devenir sculpteur.

On évoque l’afro-trap pour savoir ce qu’il en pense : « J’aime bien. J’aime beaucoup MHD, j’aimerais le rencontrer et faire un morceau avec lui. Il a bon son et un bon délire ». Le message est passé.

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