Depuis qu’il a remporté Arab Idol en 2013, Mohammed Assaf, 25 ans, est devenu la coqueluche du monde arabe. Symbole d’unité et de dignité, ce jeune chanteur gazaoui, à la voix exceptionnelle fait la fierté d’un peuple palestinien sous occupation et n’en finit pas de redonner espoir à une jeunesse meurtrie par le quotidien de la guerre. Véritable modèle de réussite, il figure aujourd’hui parmi les 100 personnalités arabes de moins de 40 ans les plus influentes dans le monde arabe (Arabian Business Magazine).

 

Assaf
MEME LA MANIERE DONT IL TIENT LE MICRO EST TRAVAILLÉE

 

Beyrouth, 22 juin 2013. Sous les yeux étincelants et attentifs de millions de téléspectateurs, le jeune Gazaoui, en interprétant « Ally el-Kofiya » (« Brandis le keffieh », l’emblématique foulard traditionnel palestinien qu’arborait Yasser Arafat), est déclaré vainqueur de la finale 2013 d’ « Arab Idol », l’opposant à un Syrien et un Égyptien. Complètement fou. L’annonce de sa victoire provoque des scènes de liesse dans tous les recoins du territoire palestinien. Depuis cet épisode surréaliste, le jeune prodige expose ses talents de vocaliste par le biais de concerts réalisés aux quatre coins du Globe et souvent à guichets fermés. Talent et popularité qui lui valent d’être comparé au célèbre chanteur égyptien Abdel Halim Hafez.

 

Son peuple, son amour, sa bataille

 

Plus qu’une voix en or ou un personnage charismatique, Mohammed Assaf, est l’enfant du pays, la fierté de tout un peuple qui continue d’aspirer à des jours meilleurs en l’absence de paix durable. C’est d’ailleurs ce même peuple qui le pousse à ne pas baisser les bras la première difficulté venue, à arracher, couteau entre les dents, la vie dont il rêvait. Mais s’il se réjouit d’avoir atteint son Graal, il n’oublie cependant pas les siens et prend à cœur de remplir sa mission d’ambassadeur de la Palestine et de sa culture.

 

Le chant avant tout

 

Né en 1989 à Misrata au Liban mais habitant depuis l’âge de 4 ans à Khan Younes, un camp de réfugiés de la bande de Gaza, Mohammed Assaf n’a jamais reçu d’apprentissage musical particulier. Sur les bancs de l’école primaire de l’UNRWA, le jeune prodige se découvre une passion pour le chant qui l’amène, en grandissant, à chanter occasionnellement dans des mariages et autres événements privés dans l’espoir de se faire un nom. Mais c’est bien un diplôme en médias et relations publiques que le jeune homme vise lorsqu’il s’inscrit à l’Université de Gaza. Malgré ce choix d’études, il raconte avoir toujours aspiré à percer dans le monde de la musique, ce qui le pousse à guetter de très près les rares opportunités qui se présentent à lui, malgré la difficulté que représente l’accession à un milieu aussi fermé. Surtout quand on est palestinien.

 

Enfer et Paradis

 

Déterminé, Mohammed décide donc de passer les auditions d’ « Arab Idol ». Problème, ces dernières se dérouleraient de l’autre côté de la frontière, en Egypte. Aussi impossible soit-elle, la mission ne fait pas reculer le jeune effronté.

 

En route pour Le Caire, il est sans surprise soumis à des contrôles poussés à la frontière, où il reste bloqué deux jours faute de permis de conduire et à cause de sa nationalité. Libre, Mohammed ? Pas encore. A l’hôtel où doivent avoir lieu les auditions, il se heurte à de nouveaux protocoles de sécurité. Une fois à l’intérieur, on lui informe que les inscriptions sont désormais closes. Anéanti, le Palestinien s’assoit et se met alors à chanter, poussant un concurrent séduit par sa voix magique à renoncer à son numéro pour le laisser concourir à sa place. Pour ce dernier, c’est clair, Mohammed sera finaliste. Et il voit juste. Il vient de céder sa place au futur gagnant de l’émission.

 

Star et ambassadeur

 

Au delà de son statut de star de la chanson, le vainqueur d’  « Arab Idol » est nommé ambassadeur pour la paix par l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) et ambassadeur de la culture et des arts par le gouvernement palestinien. Il a, à plusieurs reprises, l’occasion de prendre la parole à l’assemblée de l’ONU pour défendre l’espoir de la jeunesse palestinienne et les droits des réfugiés dans la bande de Gaza et plus globalement en Palestine.

 

Malgré la gloire, il n’oublie pas son pays qui est sa raison d’être et affirme rentrer très régulièrement à Gaza quand le temps le lui permet. Très sensible à la cause palestinienne, il met à profit sa notoriété pour servir son peuple à travers les tournées internationales qu’il réalise mais également les concerts de charité qu’il anime régulièrement.

 

Un film qui retrace son parcours atypique est actuellement en production, dirigé par Hany Abu Assad, producteur Palestinien connu internationalement pour son film « Omar », nommé aux Oscars en 2013. Le biopic devrait par ailleurs être cofinancé par l’institut cinématographique de Doha.

 

En ce qui concerne sa carrière, Mohammed Assaf a encore de beaux jours devant lui. Son deuxième album est déjà en route et fera suite à une première monture sortie fin 2014, qui a sans surprise cartonné dans le monde arabe.

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