Le film qui a offert a Vincent Lindon une surprenante Palme du meilleur acteur au dernier Festival de Cannes méritait bien que l’on s’intéresse à lui. Malgré quelques points noirs, il en valait le détour. Comme quoi, on peut encore faire de bons films avec un budget réduit. Dans vos faces, les Blockbusters.

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La critique

Pôle Emploi qui vous propose formation sur formation, sans jamais réussir à vous obtenir un job. Des entretiens professionnels infructueux. Votre vieille caisse qui vous lâche. Votre banque qui a du mal à vous accorder un prêt et qui en plus vous explique qu’il serait bon de vous renseigner sur la prévoyance, au cas où «demain, vous ne seriez plus là». Et entre tout ça, une femme dévouée et un enfant handicapé. La vie de merde, la vraie, la dure. Cette vie, c’est celle de Thierry (Vincent Lindon), dont on apprend à partager la souffrance tout au long d’un film bien plus proche du documentaire que du blockbuster. Pas de musique, aucun personnage réellement travaillé en dehors du « héros », une réalisation volontairement discrète…Tout est fait pour ressentir la morosité ambiante de la vie du principal protagoniste. C’est osé, efficace, mais aussi un peu chiant par moments. Surtout au début. La loi du marché est un diesel qui se termine sur un gros coup de frein. Brutal, voire inattendu mais aussi pertinent. Et marquant. Se rendre en salle pour vivre l’histoire de Thierry, c’est accepter d’en sortir avec le même goût amer que celui ressenti après la lecture d’une dystopie, mais aussi avec la volonté de réfléchir et de comprendre.

L’acteur

Vincent Lindon n’a pas volé sa palme. Totalement imprégné du personnage de Thierry, il joue parfaitement le jeu du chômeur désespéré puis de l’employé précaire. Lindon est, de par sa prestation, capable de nous projeter directement dans la peau du personnage principal, de partager ses peines, ses joies et ses hésitations, au point de mettre le spectateur directement face à la problématique du film : faut-il subir la loi du marché quitte à bafouer ses principes ou bien ne pas vendre son âme au diable et risquer une vie précaire ?

Le moment gênant

Imaginez le pot de départ d’une collègue de travail qui part à la retraite, et une partie de l’équipe lui faire une surprise en chanson. Les paroles son niaises, les fausses notes nombreuses et le chant interminable…Maintenant, imaginez tout ça fuiter sur Youtube avec zoom sur votre gueule en train de chanter comme un naze. Voilà à peu près quel niveau de gêne atteint cette scène.

Ce film n’est pas fait pour toi si…

-Tu ne jures que par les grosses productions
-Tu es caissier(e)
-Tu es dépressif
-Tu espères encore voir Vincent Lindon sourire
-Tu aimes les scènes de cul

La note : 7/10

Peut-on vraiment parler de film ? C’est cette question qui conditionne la note. Sur la forme, ça ne ressemble pas vraiment à du cinéma. On est devant un réalisateur qui sacrifie le beau du 7e art pour se rapprocher le plus possible de la réalité. Car cette dernière est tout sauf belle. L’histoire et le message qu’elle veut transmettre prennent le pas sur le reste, et, au vu du produit final, on ne peut que cautionner ce choix.

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