PREPARE TA COUPE DU MONDE (5/5) : ARRIBA PERÚ !

La Coupe du Monde 2018 en Russie a débuté il y a déjà une semaine et les matchs s’enchainent aussi vite que nos certitudes s’envolent sur le résultat final !

La France a débuté poussivement face à l’Australie. L’essentiel était fait avec une victoire douloureuse mais qui permet d’aborder le deuxième match avec sérénité. C’est aujourd’hui que nos Bleus affrontent un adversaire méconnu, absent de la plus grande compétition de football depuis 1982.

Le Pérou malgré sa défaite face au Danemark, n’a pas démérité et aurait dû pour le moins obtenir le match nul compte tenu des situations dangereuses dans la surface danoise. Ces péruviens sont la fierté de tout un peuple qui ne vit ces derniers mois qu’à travers son équipe nationale.

Martín Bellido López est journaliste sportif pour un quotidien péruvien (Peru.com) et a voulu revenir avec nous sur l’importance du football et de cette Coupe du monde dans son pays.

Quand la passion d’un pays pour son football dépasse tout …

Traduction en français de l’article de Martín Bellido López (vous retrouvez l’original en espagnol à la suite) :

Du Riazor à Saranks, de Naranjito à Zabivaka, de 1982 à 2018…

Le 22 juin 1982, une équipe péruvienne, arrivée en Espagne avec le statut d’un favori, avait fait ses adieux à la Coupe du monde par la petite porte. En effet, la meilleure génération du football péruvien avait eu du mal à battre la Pologne lors de la dernière journée de la phase de poules pour se qualifier. Pourtant, jusqu’aux 45 premières minutes, le match nul et vierge semblait suffisant.

Cependant, en cet après-midi au Riazor, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Même le but spectaculaire de Guillermo la Rosa n’a pas permis d’empêcher une victoire qui restera dans la mémoire de millions de fans pendant des décennies.

Pendant plus de trente ans, ces souvenirs se rappelaient avec nostalgie le classement de 1969. En 1978, on ne parlait que de la formation de l’équipe au détriment des individus et en 1982 de la façon dont l’entraîneur n’a pas aligné les mêmes joueurs qui avaient joué les matchs des éliminatoires. Ainsi, l’histoire du football péruvien semblait se résumer à cela.

Mais plus maintenant. Le Pérou renaît samedi. Comme par le passé, les alentours du parc central du quartier de Miraflores à Lima et de la place principale de la ville seront bondés. La foi est la dernière chose que vous perdez, disent les gens d’ici. Cependant, cette fois, la confiance est le cheval de bataille principal de trente millions de personnes.
Ici, il est déjà culturel de sortir avec le maillot rouge et blanc à chaque fois que l’équipe nationale joue. Cela a pris du temps, mais cela a été réalisé au cours de la dernière année. Les écoles, les bureaux, les universités, etc. se prêtent à cela. Heureusement pour beaucoup, le samedi est une journée plus relax et les rues sembleront vides à partir de midi.

LE PARCOURS

Et pour arriver à Saranks, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. « Il se passe quelque chose » disions-nous à chaque fois que (presque miraculeusement) l’équipe nationale péruvienne obtenait un résultat positif, tant dans le sport que dans le non-sportif. Parce que tout se vivait en quelques mois seulement. De l’arrivée de l’entraîneur à la nouvelle qualification de Paolo Guerrero pour la Coupe du monde 2018 en Russie.

Expliquons brièvement, sans entrer dans les détails, 23 faits qui seraient dignes de transformer le processus de l’équipe de Ricardo Gareca en une série de Netflix.

1. Arrivée de Ricardo Gareca au sein de l’équipe nationale péruvienne.
2. Troisième place à la Copa América Chile 2015.
3. Première moitié des séries éliminatoires avec seulement six points en quatre matchs.
4. Copa América Centenario avec la majorité de joueurs locaux.
5. Le Pérou s’impose 1 à 0 et élimine le Brésil en phase de groupes de la Copa America Centenario.
6. Le Pérou perd contre la Bolivie en séries éliminatoires.
7. Le TAS décide en faveur du Pérou pour le cas de Nelson Cabrera et lui donne les trois points du match contre la Bolivie en qualifications.
8. Diego Godin manque un but sous la barre transversale à la dernière minute de la victoire 2:1 du Pérou sur l’Uruguay.
9. Justinian manque également un but sous le but et le Pérou bat la Bolivie 2-1.
10. Le Pérou bat l’Équateur à Quito. Résultat jamais atteint auparavant.
11. Pedro Gallese devient un héros dans La Bombonera. Le Pérou fait match nul et vierge avec l’Argentine.
12. Le Pérou a fait match nul contre la Colombie à Lima grâce à un but contre son camp de David Ospina, qui a touché le ballon sur un coup franc indirect de Paolo Guerrero.

13. Paolo Guerrero est suspendu pour contrôle antidopage.
14. Paolo Guerrero informe qu’il fera appel au TAS de sa suspension de six mois imposés par la FIFA.
15. Le Pérou se qualifie pour la Coupe du Monde Russie 2018 après avoir éliminé la Nouvelle-Zélande en playoff.
16. Daniel Peredo, la « Voix de l’équipe nationale péruvienne », meurt.
17. Le Pérou est en euphorie avec l’album Panini. En une semaine, les lots pour trois mois sont épuisés.
18. Paolo Guerrero a purgé sa peine de six mois et joue pour Flamengo.
19. Le TAS suspend Paolo Guerrero pour une période de 14 mois à la suite d’un appel de l’Association mondiale antidopage.
20. Doña’ Peta, la mère de Paolo Guerrero, va défendre son fils dans les médias, en fulminant (de manière irresponsable) contre tout le monde.
21. La liste des 23 joueurs est définie après la victoire du Pérou sur l’Ecosse à Lima.
22. Le Tribunal fédéral suisse accepte l’appel interjeté par Paolo Guerrero et suspend la sanction imposée par le TAS.
23. Paolo Guerrero rejoint l’équipe nationale péruvienne en Suisse.

Jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, un pays de culture footballistique a vécu dans l’incertitude le destin de ce qu’il veut le plus : son équipe nationale.

En Amérique, certains disent qu’un peuple qui exige plus d’un footballeur que de ses politiciens est voué à l’échec. Je ne sais pas si c’est vrai, cela me semble plus comme une phrase pour décontextualiser les choses. De toute façon, le Pérou vit lié au football ces derniers jours.

Les supermarchés et les grands magasins vendent beaucoup de produits officiels de la Coupe du monde tels que des vases, des tasses, des foulards, des polos, des T-shirts, des produits de la mascotte Zabivaka.

La Coupe du monde est arrivée tout d’un coup et ne part pas encore. En mars, par exemple, la collection Panini a été lancée et en une semaine seulement, le stock de trois mois de figurines et d’albums de la société a été épuisé. De longues files d’attentes pouvaient être observés pendant des heures chaque matin devant les portes des magasins autorisés.

C’est comme ça que ça se passe. Parce que si des millions de fans refusaient de croire que Paolo Guerrero n’irait pas à la Coupe du Monde et finissaient par célébrer le fait qu’ils ne pouvaient plus être qualifiés par la justice, les espoirs sont encore plus grands pour cette participation à la Coupe du Monde.

Ici non seulement les péruviens se retrouvent dans le 9 péruvien qui a fait l’impossible pour jouer en Russie, mais aussi dans Aldo Corzo, notre arrière droit (limité, mais héroïque) qui s’est jeté la tête la première dans un duel avec le Colombien Frank Fabra en octobre 2017, dans un match qui se terminera avec Guerrero comme personnage principal et avec la Bicolor en repêchage face à la Nouvelle-Zélande.

C’est ainsi avec espoirs et une confiance colossale que vit le Pérou.

La version originale :

De Riazor a Saranks, de Naranjito a Zabivaka, de 1982 a 2018…

El 22 de junio de 1982 una selección peruana que había llegado a España con cartel de protagonista se despedía del Mundial por la puerta de atrás. Acaso la mejor generación del fútbol peruano luchaba en la última fecha de la fase de grupos con ganarle a Polonia para asegurar la clasificación. Y hasta los primeros 45 minutos el empate sin goles alcanzaba.

Pero aquella tarde en Riazor las cosas no salieron como se esperaba. Ni el el espectacular gol de Guillermo la Rosa ayudó para evitar una goleada que quedaría en la memoria de millones de aficionados durante décadas.

Esas memorias, a lo largo de más de treinta años, recordaban con nostalgia la clasificación de 1969. De 1978 solo se habló de la conformación del equipo en desmedro de las individualidades y de 1982 de cómo el entrenador no alineó a los mismos jugadores que disputaron la Eliminatorias. Así, sin dar mayores detalles ni contar qué pasó en cada caso, la historia del fútbol peruano parecía resumirse en solo eso.

Pero no más. Esté sábado Perú vuelve a nacer. Como antaño, los alrededores del parque central del distrito limeño de Miraflores y la Plaza de Armas de la ciudad lucirán abarrotadas. La fe es lo último que se pierde, dicen por estos lares. Sin embargo, esta vez, la confianza es el principal caballo de batalla de treinta millones de personas.

Aquí ya es cultura salir con la camiseta blanquirroja cada vez que juega la selección. Demoró, pero se consiguió a lo largo del último año. Colegios, oficinas, universidades, etc se prestan a esto. Afortunadamente para muchos, el sábado es un día más holgado y las calles lucirán vacías desde el mediodía.

EL CAMINO

Y para llegar hasta Saranks ha corrido mucha agua bajo el puente. “Están pasando cosas”, decíamos cada vez que (casi milagrosamente) la selección peruana conseguía un resultado positivo, tanto en lo deportivo como en lo no deportivo. Porque de todo se vivió en solo meses. Desde la llegada del entrenador hasta la habilitación de Paolo Guerrero para que juegue el Mundial Rusia 2018

Haremos cuenta escuetamente, sin entrar en mayores detalles 23 hechos que serían dignos de convertir el proceso del equipo de Ricardo Gareca en una serie de Netflix.

1. Llegada de Ricardo Gareca a la Selección Peruana.
2. Tercer puesto en la Copa América Chile 2015.
3. Primera parte de las Eliminatorias con solo seis puntos en cuatro partidos.
4. Copa América Centenario con mayoría de jugadores del medio local.
5. Perú vence 1-0 y elimina a Brasil en fase de grupos de la Copa América Centenario.
6. Perú pierde con Bolivia en las Eliminatorias.
7. El TAS falla a favor de Perú por el caso Nelson Cabrera y le da los tres puntos del partido ante Bolivia en Eliminatorias.

8. Diego Godín falla un gol debajo del arco en el último minuto de la victoria de Perú sobre Uruguay por 2-1.
9. Justiniano también falla un gol debajo del arco y Perú vence 2-1 a Bolivia.
10. Perú vence a Ecuador en Quito. Resultado nunca antes conseguido.
11. Pedro Gallese se convierte en héroe en La Bombonera. Perú empata sin goles con Argentina.
12. Perú empata con Colombia en Lima con un autogol de David Ospina, que tocó el balón en un tiro libre indirecto de Paolo Guerrero.
13. Paolo Guerrero es suspendido por dar positivo en un control antidopaje.
14. Paolo Guerrero informa que acudirá TAS para apelar la sanción de seis meses impuesta por FIFA.

15. Perú clasifica al Mundial Rusia 2018 tras eliminar en el repechaje a Nueva Zelanda.
16. Fallece Daniel Peredo, la “Voz de la Selección Peruana”.
17. Perú vive una euforia con el álbum Panini. En una semana se agotan lo lotes previstos para tres meses.
18. Paolo Guerrero cumple su sanción de seis meses y juega con Flamengo.
19. El TAS suspende por 14 meses a Paolo Guerrero tras la apelación de la Asociación Mundial Antidopaje.

20. ‘Doña’ Peta, madre de Paolo Guerrero, sale a defender a su hijo en los medios despotricando (de manera irresponsable) contra todo el mundo.
21. Se define la lista de 23 jugadores tras la victoria de Perú ante Escocia en Lima.
22. El Tribunal Federal Suizo acepta el recurso solicitado por Paolo Guerrero y suspende la sanción impuesta por el TAS.

23. Paolo Guerrero se encuentra con la Selección Peruana en Suiza.
Día a día, semana a semana, mes a mes, un país de cultura futbolera vivió en vilo el destino de lo que más quiere: su selección.

En América algunos dicen que un pueblo que le exige más a un futbolista que a sus políticos está condenado al fracaso. Yo no sé si sea verdad, me parece más una frase para que descontextualizar las cosas. De todos modos, Perú vive embriagado de fútbol por esos días.

Los supermercados y tiendas por departamento venden por montones de productos licenciados del mundial como vasos, tazas, chalinas, polos, camisetas, merchandising de Zabivaka.

El Mundial ha llegado de golpe y no se va aún. En marzo, por ejemplo, fue lanzada la colección de Panini y en solo una semana se agotó todo el stock de figuritas y álbumes que la empresa tenía destinada para tres meses. Colas de cuadras podían observarse durante horas cada mañana en las puertas de los distribuidores autorizados.

Así estamos. Porque si millones de hinchas se negaron a creer que Paolo Guerrero no iría al Mundial y terminaron celebrando a más no poder su habilitación por parte de la justicia ordinaría, los ánimos son aún mayores para la participación mundialista

Aquí no solamente la gente es el 9 peruano que hizo hasta lo imposible para jugar en Rusia, es también Aldo Corzo, nuestro (limitado, pero heroico) lateral derecho que se lanzó de cabeza para disputar un balón dividido con el colombiano Frank Fabra en octubre del 2017, en una jugada que terminaría con Guerrero como protagonista y con la Bicolor en el repechaje.

Así de creyentes y con una confianza colosal vive Perú.

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