PRÉSENTE-TOI : Nina Guérineau de Lamérie, journaliste faisant un tour de France politique en quête des 18-30 ans

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À l’approche des élections présidentielles et législatives de 2017, Nina Guérineau de Lamérie, journaliste de 23 ans, part à la rencontre de sa génération (18-30 ans) du 13 novembre 2016 au 7 mai 2017. Son but : parler de politique sous toutes ses formes et sans tabou autour d’un concept médiatique et citoyen unique dont Skyzo est partenaire, Le Verre Politique. 

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Qui es-tu ?

Je suis journaliste officiellement depuis le mois dernier. Pendant deux ans j’ai effectué un contrat professionnel à Avignon, au Dauphiné Libéré, et à Montpellier à l’ESJ Pro. J’ai 23 ans. Aujourd’hui mon projet est de rapporter la parole des 18-30 ans sur la place publique et de la mêler aux futurs débats politiques autour de la présidentielle 2017. C’est une génération, je trouve, que l’on n’entend pas assez ou que l’on ne prend pas assez au sérieux. Je vais tenter de comprendre à quoi aspire la jeunesse, ses idées, ses propositions pour la France lors de mon tour de France. “Le Verre Politique” n’a pas vraiment de signification, je voulais un nom simple et compréhensible. Dans l’émission on parle de politique autour d’un apéritif, c’est uniquement pour cela que j’ai choisi ce nom.

Le projet doit avoir un coût important, as-tu des financements autre que ta poche ?

Je ne paierai absolument rien pour l’hébergement. Il y a un bel engouement autour du projet et j’ai de nombreuses personnes déjà prêtes à m’accueillir chez elles chaque semaine. C’est assez encourageant d’ailleurs. Le matériel audiovisuel, l’essence et la nourriture sont mes plus gros budgets.

Comment s’est construit ton tour de France ? 

Le choix des villes a vraiment été un choix draconien. Il me fallait des villes en rapport avec l’actualité mais aussi des communes qui m’obligent à rencontrer des jeunes aux profils différents. Concrètement, avant d’arriver dans un des villages, je me renseigne sur les activités, les lieux, les associations qui existent en son sein. Je m’appuie beaucoup sur les journalistes locaux, qui connaissent bien mieux le terrain. Ensuite je contacte les groupes ou les gens directement. Le reste se fait tout seul. Pour l’instant, cinq personnes se sont inscrites via le formulaire mais ce ne sont que des gens de grandes villes.

Sous quelle(s) forme(s) vas-tu organiser tes apéros-débats ?

Très simplement, les apéros-débats se dérouleront comme un vrai apéritif. Les intervenants et moi achèterons biscuits apéritifs, chips, olives, jus de fruits, bières, vin… et on s’installera soit chez l’un des participants, soit dans une salle. Le principal c’est d’éviter le bruit. Pour ce qui est des représentants politiques ce n’est pas le but, donc non.

Quelle sera ta première ville ?

Ma première ville est Mandelieu-la-Napoule, située juste à côté de Cannes dans les Alpes-Maritimes. Ensuite direction Marseille, dans les quartiers nord, Montpellier, Béziers...

Des rencontres déjà prévues avant ton arrivée ?

Oui j’ai déjà quatre personnes qui ont accepté de partager le verre politique avec moi.

Crédit photo: www.tour-de-france-presidentielle-2017.fr
Crédit photo: www.tour-de-france-presidentielle-2017.fr

« LA POLITIQUE NATIONALE EST UN PEU DÉCONNECTÉE DU TERRAIN ET DES RÉALITÉS »

À titre personnel, es-tu perdue politiquement comme beaucoup de jeunes de notre génération ?

Oui, je suis perdue. C’est ce qui m’a aussi poussée à entreprendre ce tour de France, qui va être éprouvant physiquement. Il dure quand même six mois. J’espère être surprise mais, oui, je fais partie des désillusionné.e.s qui attendent que quelque chose se passe.

S’intéresser à la politique ne se fait pas seulement que par le vote, c’est exercer aussi pleinement sa citoyenneté. Nous faisons donc tous de la politique sous une forme différente. En quoi ton projet peut-il répondre à cela ?

Pour moi la politique est avant tout locale. Après deux ans à travailler en tant que journaliste locale en Vaucluse, je me suis rendu compte à quel point l’engagement des gens dans leur ville était important et que, finalement, la politique nationale est un peu déconnectée du terrain et des réalités. Je ne sais pas si je peux apporter à ce constat et je ne sais pas si la jeunesse partage mon avis. Le but est justement d’obtenir des réponses.

Ne penses-tu pas que les jeunes iraient mieux si la communication politique était meilleure ?

Je ne peux parler pour l’ensemble des jeunes. Pour moi, même plus de communication n’aurait empêché cette désillusion, cette défiance envers la classe politique. Beaucoup reprochent aux élus leur train de vie, leurs privilèges, leurs inactions. Aujourd’hui, on en est là, alors que fait-on ? Que propose-t-on pour sortir de ce marasme ? Je préfère regarder vers l’avenir que le passé.

Sans indiscrétion est-ce que tu voteras, en jeune modèle ? 

J’irai voter. Et j’espère vraiment que je ne voterai pas contre mais pour quelqu’un en qui je crois. Je sais rester optimiste !

LES IDÉES REÇUES SUR LE RAPPORT DES JEUNES À LA POLITIQUE

Première idée reçue : les jeunes votent plus aux extrêmes ?

C’est une réalité. Beaucoup de jeunes se tournent aujourd’hui vers le Front national. Je ne veux pas traduire leurs discours, leurs pensées. Je veux les rencontrer et comprendre pourquoi ils se tournent vers l’extrême droite. Et pourquoi pensent-ils que cela pourrait nous aider à sortir de la crise que nous traversons ?

Autre idée reçue : les jeunes ont tendance à voter en vieillissant car en s’épanouissant davantage avec l’âge, ils se sentent moins rejetés de la société.

Non, les jeunes sont extrêmement mobilisés pour la présidentielle. C’est vrai qu’ils sont absents lors des Municipales, des Régionales, des Européennes… Mais selon les chiffres du Cevipof, presque la totalité des 18-30 ans se déplacent lors des élections présidentielles. Aussi peut-être parce que durant la présidentielle, les candidats s’adressent beaucoup à la jeune génération, tentent de la séduire.

Troisième idée reçue : cette abstention est cyclique si l’on compare aux générations précédentes.

Je pense que l’abstention touche toutes les générations de plus en plus.

Dernière question. Après les élections présidentielles et législatives quel sera l’avenir de ton projet ? Est-ce que tu comptes pousser le concept sous d’autres formes ?

Ce sont des questions que je ne me suis pas encore posées. Je vais d’abord vivre à fond ce tour de France. La suite, j’y réfléchirai dans six mois !

Propos recueillis par Sofiane ZEKRI

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