Le monde de la presse vit une crise sans précédent, cela n’a échappé à personne. L’opinion publique reproche aux médias leur manque d’indépendance. Nous allons voir que cela n’est pas tout à fait faux dans la mesure où leur financement est corrélé à celui de fortunes françaises voire étrangères et autres grands groupes industriels.

Les investisseurs : Une nécessité ?

Les médias se livrent une concurrence sans pitié. On voit depuis quelques années une quantité astronomique de nouveaux médias qui purulent sur la toile. Dès lors, les investisseurs privés ont su flairer la bonne affaire en investissant dans les médias afin de vendre leurs produits au plus large public qui soit en passant notamment par la publicité.

Ainsi, plus un média dispose de moyens financiers, plus ses articles ont la possibilité d’être vus et partagés par un public conséquent.

La crise iTélé (devenu « Cnews »)

Bien que la crise de confiance entre les médias et l’opinion publique se soit déjà installée depuis un bon moment, la crise d’iTélé a mis en évidence les liens étroits qui pouvaient exister entre la presse et les millionnaires. Vincent Bolloré, classé par le Magazine Challenge comme la dixième fortune française illustre à merveille cette problématique.

Il a été reproché à Vincent Bolloré d’imposer une ligne éditoriale au magazine et de protéger les intérêts de certaines personnalités avec qui il est ami. Cela va clairement à l’encontre du principe d’indépendance de la presse qui se doit d’être libre de toute attache lorsqu’elle produit son contenu.

Ainsi, la rédaction réclamait le départ de Morandini (installé par Bolloré sur la chaîne) qui serait d’ailleurs l’élément déclencheur de la crise mais surtout imposer la signature d’une charte ainsi que la séparation entre la direction de la chaîne et la direction de la rédaction.

Le financement des médias

Tout le problème réside essentiellement ici. Qui finance quoi ? Le schéma ci-dessus démontre qu’un groupe restreint de personnes détient à lui seul la quasi totalité des médias. Cela engendre ce qu’on peut appeler des conflits d’intérêts, en effet on peut penser naturellement que derrière le choix du traitement d’une information ou le choix de la ligne éditoriale, que les désirs des investisseurs et autres publicitaires soient pris en considération pour éviter tout conflit.

L’intérêt initial des investisseurs était d’intégrer les magazines et autres grands médias télévisuels dans l’idée d’utiliser la publicité pour vendre leurs produits. En effet, bien souvent on peut constater sur le schéma élaboré par Jérémie Fabre que les investisseurs principaux sont des hommes/ femmes ou encore famille d’affaires avant tout, il ne s’agit nullement de journalistes qui agissent par altruisme pour protéger la liberté de la presse.

Or, on s’aperçoit avec les années que plus le temps passe et plus certains investisseurs semblent empiéter sur le terrain des rédactions des médias dont ils sont les actionnaires principaux. Ce qui était d’ailleurs reproché à iTélé, bien que cette rédaction ne soit pas une exception en la matière.

Une minorité indépendante

Oui, cela existe. Bien que la majorité (voire la quasi totalité) des médias soient rattachés à des investisseurs comme vous pouvez le voir sur le document joint à cet article. Certains, médias s’efforcent de protéger à tout prix leur indépendance en refusant tout financement extérieur.

« Le Canard Enchainé » par exemple figure parmi ces exceptions. On comprend dès lors que les accusations portaient à leur encontre concernant l’affaire « Pénélope Gate » ne tiennent pas la route compte tenu que Le Canard Enchainé n’est détenu par aucun investisseur et refuse en outre tout financement venant de l’État. En effet, au début de l’affaire le camps Fillon avait attaqué le média en question expliquant qu’il aurait été instrumentalisé par le gouvernement actuel en vu de déstabiliser la campagne présidentielle de leur candidat.

Dans le même sillon, Médiapart piloté par Edwy Plenel, lui aussi ne se finance qu’avec les abonnements mensuels de ses lecteurs. Ce qui permet à la rédaction d’écrire sur ce qu’elle veut sans « blesser » les sentiments d’investisseurs quelconques et peut ainsi se permettre d’écrire sur tous les sujets qu’elle souhaite.

Peut-on encore parler de presse indépendante ?

Il est important de comprendre que dès lors qu’il y a des investisseurs derrière un média celui-ci n’est forcement plus indépendant. On pourra vous dire le contraire mais cela relève d’une logique imparable. Comment un investisseur accepterait-il de payer le salaire de journalistes qui n’iraient pas un minimum dans son sens ?

N’oubliez jamais que le choix de traitement de l’information traduit une forme d’indépendance. De plus, se refuser d’écrire sur un sujet parce qu’un investisseur risquerait de ne pas être d’accord avec la prise de position dans l’article ou rien que le fait qu’on puisse ou non traiter du sujet traduit une forme de dépendance dite « invisible » aux investisseurs.

Loin de toute tendance paranoïaque qui tendrait à dire que toutes les informations de médias soumis à des investisseurs sont fausses, il convient néanmoins d’être le plus attentif possible aux mots mais surtout au traitement et aux choix des articles mis sur la place publique.

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