Des lycéens forment un blocus devant leur établissement contre la loi travail (Crédit : Reuters)

Roland-Garros, Euro 2016… A quelques jours des premières épreuves du baccalauréat, les excuses pour échapper ou réduire le temps consacré aux révisions ne manquent pas. Cette année, outre les traditionnelles compétitions sportives qui viennent perturber les calendrier des lycéens, une nouvelle justification fait son apparition : manifester contre la loi travail.

 

Des lycéens forment un blocus devant leur établissement contre la loi travail (Crédit : Reuters)
Des lycéens forment un blocus devant leur établissement contre la loi travail (Crédit : Reuters)

 

Depuis l’annonce du projet de loi El-Kohmri portant sur la réforme du Code du travail, et plus encore, depuis la volonté affichée par Manuel Valls de recourir à l’article 49 alinéa 3, les protestations se durcissent en France. Les travailleurs ne sont en effet pas seuls dans les rues : étudiants et lycéens figurent fréquemment au rang des contestataires les plus vifs.

Avec une spécificité pour les lycéens : leurs obligations scolaires qui limitent leurs participations aux manifestations. C’est un véritable double-jeu auquel ces derniers ont dû se livrer ces derniers mois. D’un côté, l’obligation de fuir les cours pour manifester, de l’autre continuer de travailler en vue de l’obtention du baccalauréat. Les cours terminés, c’est un poids en moins. Mais entre les révisions et les manifestations, le dilemme reste de taille.

 

Pour quel avenir faut-il combattre ?

 

Certains trouvent la parade assez rapidement : si le bac est souvent présenté comme un premier pas vers un avenir réussi, la plupart des étudiants interrogés avancent que manifester, c’est aussi assurer son avenir.

Stéphane, père de Manon 20 ans, en bac pro, décrit cette distinction pour l’AFP. Pour lui, manifester symbolise le fait que les étudiants sont « soucieux de leur avenir, tout court. Et leur avenir ce n’est pas que la réussite au bac ». Et sa fille de poursuivre : « La loi travail est plus dangereuse pour mon futur que de réussir ou non une épreuve ».

Faute de blocus dans tous les lycées, la participation aux manifestations n’est pas toujours simple. Et les lycéens doivent bien souvent compter sur le soutien de leurs parents pour pouvoir se rendre aux mouvements. Car fuir les cours nécessite fréquemment d’apporter des justifications au proviseur.

Interrogé par l’AFP, Esteban, 18 ans, élève en terminale ES, était présent à tous les mouvements contestataires parisiens. Il résume cette situation complexe : « Beaucoup de manifestations se déroulent en semaine et dans une école privée comme la mienne, c’était difficile de manifester parce que ça m’obligeait à sécher des cours […] J’ai dit que j’étais malade… Mes parents m’ont couvert ».

 

Journées debout, nuits assises

 

Outre des parents compréhensifs, c’est aussi sur les camarades qu’il faut compter afin de récupérer les cours manqués. Le plus souvent, ce sont donc les jours fériés et les soirées voire les nuits, qui servent à rattraper le temps perdu pour les révisions, comme l’explique Zoia Guschblauer, présidente du syndicat lycéen FIDL (non, pas LIDL).

A Armentières, près de Lille, on a plutôt recours à la solidarité intergénérationnelle. A l’approche des examens finaux, les jeunes communistes de la ville ont mis en place un planning d’aide et de soutien scolaire quotidien, par matières, pour aider les jeunes lycéens à réviser le bac. Ce dispositif, initialement mis en place pour les lycéens qui avaient manqué beaucoup de cours à cause des manifestations, se voulait ouvert à tous. Son succès a été tel qu’il est d’ailleurs envisagé de le remettre en place l’an prochain. Avec un peu de chance, le mouvement de protestation contre la loi travail sera toujours d’actualité…

Comments

comments